Let it Be...5 ans après...retour en Atlantique

13 - Petit tour aux Bijagos

Nous vivons toujours à l'heure africaine mais faisons quelques infidélités à la Casamance, en allant découvrir le superbe archipel des Bijagos en Guinée Bissau (au sud du Sénégal).

La Guinée Bissau - ex colonie portugaise - est connue mondialement par les amateurs de pêche au gros, les ornithologues, les biologistes et quelques ONG qui essaient d'apporter une aide matérielle et médicale à ce peuple démuni.

Petit paradis encore éloigné du tourisme de masse, il faut être motivé, curieux, un tantinet baroudeur et surtout amoureux de la nature encore vierge dans certaines îles, pour s'aventurer dans l'archipel.

Nous partons accompagné de Gaétan qui a préféré embarquer sur Let it be plutôt que de naviguer à deux bateaux sur son propre voilier.

La sortie du fleuve passée, nous voilà en pleine mer. Nous avons perdu l'habitude de naviguer au large. Même pas de nausées, avec deux hommes à bord, je me sens tranquille et peut-être dispensée des manœuvres pénibles.

Comme toute femme à bord, tu cuisines, tu ranges, tu aides le skipper en chef, tu scrutes l'horizon, tu barres de temps en temps, tu donnes ton avis qui n'est pas forcément accepté. Il s'avère que la logique féminine à parfois du bon, pas facile à imposer au capitaine. Merci à Gaétan  pour les vaisselles, et les pops corn maison, euh bateau !

 

Nous abordons les premières iles avec précaution. Les cartes ne sont pas suffisamment précises pour indiquer les quelques rochers submergés. Boom ! Trop tard le choc est brutal, heureusement à faible vitesse. Let it be s'est arrêté net.  Vérification boulons de quilles, haubanage... Pas de bobo mais ce premier contact nous incite à rester très prudent.

Hormis ce risque majeur, la navigation dans l'archipel ne présente pas de réel danger. Bien sur il faut cogiter pour tenir comptes des forts courants, de leur orientation souvent imprévisible, du marnage parfois de 5m et plus.  Mimi est souvent nerveux !!! Seul Gaétan semble serein et content de faire partie de la croisière.

 

Par contre la pêche à bord aux Bijagos c'est la fête, l'excitation, le frémissement. Tu mets ta canne, tu attends un quart d'heure à peine, et bingo çà swingue au bout de la ligne.  Mimi dans son rôle « cache ta joie », nous interdit de remettre la canne à l'eau quand il y a du poisson pour deux jours. Pas un vrai pêcheur, trop sentimental !!!!

 

 

Pour les passionnés je citerai quelques poissons locaux (nous n'avons pas tout attrapé !!!) :

 

On trouve de superbes Carangues, des otolithes, barracudas, bonites maquereaux, dorades, carpes rouges, requins, tarpons (réservés aux pros), raies, rémora (poisson pilote à ne pas consommer) etc.

 

Le voilier n'est pas toujours une bonne carte de visite auprès des populations défavorisées. Aux plus démunis que nous rencontrons nous donnons vêtements et nourriture bien sur sans  contrepartie (n'en déplaise à certaines personnes), ils n'ont à offrir que les rayons de soleil de leur regard.

Dans les iles du sud, la  population est isolée, pauvre mais pas affamée car la pêche, la culture du manioc, du riz, la cueillette des fruits sauvages leur permettent de survivre. C'est à leur contact que je ressens le plus d'émotions et de chaleur humaine.

 

Le paludisme, certaines maladies, blessures ne peuvent être guéries par leur médecine traditionnelle. L'absence de médicaments engendre parfois une mortalité infantile importante et des dermatoses dues aux moustiques et aux mouches qui leur rongent la peau.

 

Les vêtements sont reçus avec une reconnaissance touchante. « Apportez des tee-shirts, shorts, robes, pantalons... » : Message passé pour ceux qui s'aventurons aux Bijagos un jour prochain

 

Nous étions partis avec l'idée de voir les hippopotames aux pattes roses réputés par leur « adaptation au milieu saumâtre ».  Nous ne voyons que des traces de pas. Igor et Diane ne soyez pas trop déçus, vous qui rêviez d'aller les filmer sur place ! Dans leur camp nomade au sud de l'île d' Orango, de jeunes biologistes étudiant l'évolution des variétés de poissons pêchés aux Bijagos , nous réconfortent un peu en nous affirmant que depuis 3 ans, ils n'en n'avaient pas vu. Par contre les crocos, ils connaissent !!!

Nous nous contentons de la vision de jeunes  singes qui s'amusent en bord de plage. Leurs parents orangs-outangs  ne sont pas loin. 

Nous rencontrons une équipe sympa sur le bateau de croisière l'« Africa  Queen» . Bateau de 47m et 15 cabines et qui a le « charme d'un navire des années 1950 ». Il est affrété pour les touristes qui abordent les îles de l'archipel d'une façon originale et conviviale. C'est aussi un campement volant pour les amateurs de pêche.

Le jeune capitaine Jacques, la nouvelle et ravissante commissaire de bord Claudine ainsi que l'équipage Sénégalais compétent et souriant vous permettent de vivre quelques jours de rêve, de dépaysement dans les eaux bleues des Bijagos.

 

L'accueil dans les campements de pêche est chaleureux.

 

Je pense particulièrement au campement «  des Dauphins » à Bubaque, île principale des Bijagos. Les propriétaires nous ouvrent spontanément leur porte, nous informent sur l'attitude à prendre vis-à-vis des autorités (un bien grand mot) portuaires. Nous y trouvons l'eau pour le bateau, le luxe de faire trempette dans la piscine, dans un cadre agréable et la table super conviviale.

 

Je pense aussi à Claude et Marie nichés dans une petite île Joao Vieira tout au sud de l'archipel. Amoureux de la nature, avec sa femme et ses trois magnifiques enfants métissés, Claude semble avoir trouvé son coin de paradis. Dans son campement de pêche il nous parle des habitants, des cultures et des traditions religieuses locales.

Ses trois petits robinsons vivent en parfaite harmonie avec les petits Bijagos. Chaque jour, un instituteur leur fait la classe à 3 niveaux sous une case face à la mer.

 

 

Autre rencontre inattendue et émouvante dans un cadre superbe, un groupe d'éducateurs, psychologues qui encadrent une douzaine d'ados tout en parcourant l'Afrique de l'ouest. Ils parviennent ainsi à redonner à un groupe de jeunes adolescents français l'envie de revivre de se reconstruire afin d'oublier les mutilations physiques et morales subies durant leur jeunesse.

Bravo pour leur initiative, pas forcément facilitée par la chape administrative toujours plus pesante. Ces  onze jeunes ont tiré la carte bonus en participant à cette expérience. A savoir que 75% de ces rescapés vont réussir leur vie d'adulte en recréant ce qui leur avait été volé.

 

Week-end pascal à Bubaque, capitale des Bijagos. Un festival international de musique (appellation pompeuse), a attiré une jeune foule en délire, venue de Bissau la capitale du pays.

Le ferry déverse prés de 1500 personnes au rythme des djembés. Le woodstock gambien a envahi le village et la plage pour trois jours de musique africaine, de pique-niques, de soirées en boîtes de nuits. Le vin de palme, de cajou, le rhum local, le vin portugais, coca-cola a abreuvé cette jeunesse heureuse et insouciante.

Bravo à « médecins du monde » qui distribue gratuitement des préservatifs.

 

En résumé çà sent la fin du voyage l'heure du bilan.

 

Il faut être motivés pour s'aventurer aux Bijagos, ne pas se laisser influencer par la rumeur alarmiste des risques encourus (insécurité, drogue, assassinat de président, etc.)

Nous n'avons pas regretté la balade. Seul point noir, les formalités d'entrée :

L'absence de salaire régulier des fonctionnaires, la corruption, excitent les hommes à rançonner le voilier qui arrive au port d'entrée de Bubaque.

Douane, Police, Immigration, Autorité portuaire et leurs acolytes débarquent sur le voilier via une vedette empruntée au campement de pêche car ils n'ont aucun moyen propre.

Nous discutons, négocions, mimi se fâche tout rouge quand on veut lui emmener son passeport. Enfin tout ce petit monde repart après une fouille complète du bateau, une distribution de biscuits pour le retour, de la pommade pour la mycose des pieds du capitaine du port et un bakchich qui est tombé de 40000 à 25000  CFA ... quand même !

Actuellement un voilier par mois pointe son étrave dans l'archipel. Il y a quelques années ils étaient une vingtaine sur le mouillage de Bubaque. Cherchez pourquoi ?!!!

 

Voilà, le temps a glissé vite, nous rentrons à deux, Gaëtan a pris le taxi brousse pour retrouver la Casamance. Nous voulons profiter en solos du retour sur le Sénégal sachant que nous allons bientôt rentrer en France et laisser Let it be avec ses potes de mouillage dans un bolong près de Ziguinchor

 

28 avril 2009, nous sommes revenus à la case départ d'Eyguières, havre de joie, de bonheur et de retrouvailles.



Publié à 11:51, le lundi 18 mai 2009,
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12 - La Casamance encore un peu ...

Je ne sais pas si l'inspiration sera au rendez-vous, après ce long silence.

Je (Jo) suis dans un petit bolon face à quelques cases de Djilapao en Casamance, à bord de Let it Be retrouvé après un séjour d'un mois en France. Séjour de rêve et de bonheur avec toute la famille autour du sapin regardant nos deux petites filles découvrir les cadeaux du père Noël.

 

 

 

 

Me voilà en tête à tête avec un nouvel ordinateur tombé de la hotte du père Noël, l'ancien nous avait fait une crise de palu en Octobre ce qui explique que les nouvelles sur le blog furent rares.

 Nous avons retrouvé la Casamance avec beaucoup de plaisir, cette région du Sénégal nous a envoûtés, les animistes et fétichistes ne sont pas loin ! 

Ce soir les femmes du village sont rentrées joyeuses des rizières, elles chantaient en cœur dans leur pirogue. La récolte à été bonne en Casamance cette année, merci aux pluies importantes qui ont balayé le pays durant l'hivernage.

Le nouveau riz ne sera pas mangé cette année, il faut terminer celui de la récolte précédente. Certains villageois arrivent à garder du riz pendant plus de dix ans. Il sera dégusté à l'occasion d'un évènement spécial, d'une fête, d'un enterrement. C'est comme un bon cru, il y a des bonnes années et d'autres moins bonnes.

 

Nous allons retourner voir des villages que nous aimons beaucoup, rapporter à nos amis casamançais quelques photos que nous avions prises cet automne. Ce sont des moments très forts, ils sont si heureux de voir que nous avons tenu notre promesse en leur ramenant leurs photos.

 

Nous aurons beaucoup appris au contact de cette population villageoise si simple, souriante, curieuse et dévouée.

Les femmes ont un rôle très important dans la vie de la famille et de la communauté. Ce sont elles qui continuent de porter leur progéniture, non plus dans leur ventre, mais collée sur leur dos. Image touchante de l'enfant ballotté, accroché à sa mère qui travaille aux champs, va chercher l'eau, cuisine, vend sur le marché, lave le linge, etc.

La famille et la solidarité vont de pair, notion que nous avons un peu perdue dans nos pays que l'on dit plus civilisés. Mais cette relation tout en étant rassurante, peut devenir pesante pour les jeunes qui restent enchaînés à leur tribu. Ils ont l'obligation d'entretenir toute la fratrie avec leur salaire. Difficile pour certains de prendre leur envol vers une autonomie morale et financière. Chaque société a ses faiblesses.

Actuellement c'est l'hiver au Sénégal, rien à voir avec son cousin français. Tout de même, les nuits et matinées restent fraîches avec 15°, nous avons presque froid.

 

Petit retour en arrière .... Sommes début novembre, nous décidons d'aller voir le pays voisin la Gambie avec Hélianthe bateau ami suisse.

Les commentaires de ponton, les guides et la peur du douanier zélé (nous n'étions plus trop en règle avec les autorités), nous ont incité à changer d'air.

 La balade fût sympathique, bien que pénible par le nombre d'heures affichées au compteur. Il faut remonter le fleuve au moteur faute de vent. Banjul la capitale, est une ruche excitée, où tout s'achète, se vend, se marchande ou se dispute. Les prix sont moins élevés qu'au Sénégal pour les produits alimentaires de base. Les tissus africains sont tissés hors frontières (Chine, Angleterre, Hollande) et valent la peine d'être marchandés, le tout en anglais. Par contre sorti de la capitale, tu traînes la langue par terre si tu n'as pas fait le plein de nourriture. Quelques échoppes te proposent des oignons, des pommes de terre et du riz !

Seul le marché hebdomadaire de Wasu, après une semaine de navigation, nous a permis de faire le plein de frais et d'images colorées.

Ce marché attire des ethnies différentes des pays voisins. Ce fût une matinée très agréable au milieu des buffles, moutons, ânes attelés succombant sous des capharnaüms impressionnants. Seuls francophones, on faisait tâche « claire » bien sûr.

 

Ce qui nous attirait en Gambie, c'était la promesse d'approcher de près quelques animaux d'Afrique que nous connaissions par le zoo, ou les documentaires animaliers.

 

De près ou presque ! car face aux grognements des hippopotames dans le fleuve, et les .piétinements des grands babouins, nous sommes restés prudents.

Dans le rôle des robinsons lâchés dans une flore luxuriante, abondante et envahissante, à la recherche d'une faune « singère » (pas la machine de mémé), nous étions les seuls toubabs à nous éclater devant les chimpanzés clownesques et turbulents. Que de joie et d'excitation à bord des annexes transformées en studio photo-vidéo.

 Vraiment la Gambie, tu peux y aller pour découvrir cette faune encore préservée. Sur le plan relationnel avec la population, tu tournes vite la page. A croire que la chaleur n'est pas la même dans ces deux pays voisins.

 Mais l'expérience Gambie nous a plu et nous avons passé de chouettes moments avec Nicole, Laurent et Nathan le moussaillon de 12 ans. N'insistons pas sur les soirées que nous avons endurées, enfermés sous notre chrysalide de tulle, assaillis par les insectes, notamment des pince-oreilles qui ont failli faire moralement disjoncter Michel.

 

Nous pensons rester encore un mois à nous étirer sur le fleuve Casamance avant de retrouver le grand Bleu et aller voir de l'autre côté au Brésil si l'ambiance est sympa. Si ce n'est pas le cas on fait demi-tour

 

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Publié à 02:41, le mardi 27 janvier 2009, Ziguinchor
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11 - Retour en Casamance après 7 mois en France

Les mois ont passé vite vite, les bonheurs se sont succédés.

Les alizés venus de Haïti  ont soufflé en Provence à Pâques, ils ont  apporté à la famille  un océan de bonheur qui s'appelle Camille. Elle a débarqué un matin de mars, serrée dans les bras de sa  maman Laurence, elle a devisagé son  papa Gilles, a jeté un regard affolé sur la famille attendrie qui l'attendait depuis si longtemps.

Depuis Camille dévore la vie du haut de ses 5 ans, elle comble d'amour ses parents et nous tous. L'amour et le bonheur ont été au rendez-vous le 12 juillet lors du mariage des heureux parents. 

L'automne est arrivé et nous voici de retour en Ziguinchor en Casamance, attendant la pirogue qui nous conduira au petit village de Djilapao ou Let it be farniente depuis six mois.

Le Sénégal est un peu notre coup de cœur dans ce voyage. Nous nous y sommes bien, nous aimons les gens de là-bas. La pureté et la sérénité des paysages.  Nous y avons trouvé des amis, des connaissances, des personnages atypiques, des sourires et la bonne humeur tranquille du Siné Saloum, de la Casamance.  l'émerveillement du matin en apercevant , les pirogues qui glissent sur le fleuve, un vol de pélicans qui ,rejoint la mangrove terre nourricière et fragile, la douceur de l'air matinal avant l'embrassement de midi.

 



Publié à 07:47, le dimanche 19 octobre 2008,
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