Let it Be...5 ans après...retour en Atlantique

9 - Ballade dans le Sine Saloum

 

Le temps passe vite. L’étrave de Let itBe a abandonné le mouillage de Dakar pour aller se rafraîchir sur les eaux claires du fleuve le Siné Saloum.

Let it Be connaissait déjà le cap à suivre, mais faute de vent et d’un courant favorable il s’est trainé, arrivant la nuit en face de la passe de Djiffer.

Attention danger sur les bancs de sable, il a fallu mouiller devant le port et attendre l’aube pour s’aventurer entre les méandres du fleuve.

 

Nous avons passé trois jours face à l’île de Sangomar, seuls bercés par les cris des oiseaux se disputant une place pour nicher la nuit.

Les chacals déambulants sur la plage à l’affût de quelques proies égarées, hurlaient  dans la nuit chaude du rivage poisseux de la mangrove.

Les singes somnolaient sur l’un des baobabs qu’ils avaient partagé malgré eux cet après-midi avec le hamac de David. La nuit le fleuve gémit, il clapote contre la coque de Let it Be, berçant l’équipage.  De temps en temps, une lueur telle une luciole filait sur la mer, des ombres s’agitaient autour d’elle sur la pirogue.

 

 

La nuit appartient aussi aux pêcheurs qui dorment sur leur pirogue, à la lueur d’un petit barbecue sur lequel  la théière chauffe coincée par des charbons incandescents. Merci à nos amis pêcheurs qui spontanément nous ont offert quelques poissons, des soles fraîchement sorties de l’eau le matin en remontant leur filet.

Nous avons passé une soirée conviviale et musicale avec quatre autres pêcheurs qui ont été attirés par le son de la guitare.

Nous avons partagé  notre nourriture, David le pêcheur sénégalais, nous avait mijoté une ti-boudienne  au barbecue. David notre équipier a fait griller les poissons offerts le matin. Le verre de thé a circulé parmi nous, symbole d’hospitalité et d’amitié.

 

Ils sont remontés dans leur pirogue en chantant la Bamba, et nos petits loups répétaient les phrases en Wolof apprises dans la soirée.

 

 

Nous sommes retournés voir Youssou et sa petite famille dans l’île du diable.

Nous leur avons apporté des photos prises lors de notre dernier passage en novembre.  Ce fût un moment fort sympathique, Youssou nous a emmené visiter un village voisin. Sa femme Marame nous préparait pendant ce temps une ti-boudienne

Tout au long de la promenade, il nous a expliqué les vertus de chaque plante dans la médecine traditionnelle. David était fort intéressé, lui qui étudie les plantes médicinales dans les pays tropicaux.       

 

Personnage fort intéressant Youssou, lui qui a débuté dans la police anti-drogue, il a risqué souvent sa vie  en étant obligé de s’infiltrer dans des bandes de dealers.

Sa famille et sa femme ont fait pression pour qu’il cesse cette activité. Et le voilà maintenant gardien d’un campement fantôme en attente de nouveaux propriétaires.

Mais il a une grande fierté, il envoie ses cinq enfants à l’école, il a compris la nécessité de l’instruction pour l’avenir des siens. En attendant il économise pour acheter un moteur pour la pirogue.

 

Au Sénégal on rencontre aussi des bénévoles qui viennent offrir de leur temps, de leur savoir-faire, et beaucoup plus pour des hommes qui ont perdu l’espoir, pour des femmes qui vous offrent leur enfant, ne pouvant plus lui donner l’indispensable.

Sur le ferry qui nous a  emmenés sur l’île de Gorée, l’île du non-retour pour des millions d’esclaves. Nous avons rencontré un groupe d’italiens sponsorisés par un laboratoire pharmaceutique, qui n’ont pas baissé les bras face à l’annulation du Paris-Dakar.

Par divers moyens de locomotions, ils ont fait toutes les étapes prévues sur le circuit, n’abandonnant pas leur projet, ni ceux qui les attendaient depuis un an.

Je n’oublie pas non plus notre association de Mar Lodj qui a fait et continue de faire sur l’île des prouesses, malgré l’environnement pas toujours facile à gérer, ni la mentalité décontractée de ses habitants.     .

Après, tout un débat peut s’ouvrir sur les bienfaits de l’assistanat, le pourquoi moi et pas toi ! Faut-il continuer ici ? Comment leur inculquer la nécessité de se prendre en charge ?

Comment leur faire comprendre que s’embarquer sur une pirogue gonflée d’espoirs vers les Canaries, ce n’est pas l’avenir mais la mort  annoncée pour nombreux d’entre eux, et le retour à l’esclavage moderne à l’arrivée.

 

Il faut  installer des structures qui permettent aux villageois de vivre sur place de leur travail.

De nouveaux termes sont apparus dans le vocabulaire économique mondial ; commerce équitable, développement durable, tourisme rural, écotourisme etc…

 

A lire si interessés ; Passeurs d’espoirs de Marie-helène et Laurent de Cherisey Presses de la renaissance et poche. Tout commence par l’éducation des hommes et des petits d’hommes !

 

Ce matin, je suis allée à l’école publique de Mar Lodj, dans la classe de CE2 de Mr Sagne.

Avec notre fille Laurence qui est institutrice à Cabannes dans les bouches du Rhône, un échange de correspondances a commencé en Octobre.

A classe identique, pays différent, locaux différents, enfants différents, enseignement différent. Mais une curiosité réciproque de l’autre stimule les échanges.

 

 Nous voilà de retour sur Let it Be, le capitaine et son bosco Jo transpirent, il fait 33° à bord, nous attendons la fraîcheur pour nous activer.

Nos deux moussaillons Solène et David ont rejoint pour une semaine leurs parents venus se détendre dans un campement au bord du fleuve.(écotourisme) !!!

Nous attendons leur retour pour aller découvrir la Casamance autre province sénégalaise très accueillante.

D’ici là, nous allons essayer de trouver un télé centre pour partager avec vous cette croisière fluviale sur Let it Be.

  

  
Publié à 12:25, le samedi 9 février 2008, dans 2008 au SENEGAL , Réserve Sylvo-Pastorale du Sine-Saloum
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coucou

20:31, dimanche 17 février 2008 .. Publié par domdom
je viens de voir les dernières photos: super; hier j'ai finé dans un restau sénégalais avec mes amis parisiens; on pense à vous; bisous

la traversée

20:36, dimanche 17 février 2008 .. Publié par domdom
j'ai appelé yannick de bouillane et elle m'a raconté sa traversée; nous avons parlé du sine saloum; écrivez nous et avez vous ouvert les premières enveloppes?bisous à vous 2 ainsi qu'à Mi et Jo
carla fait tjs la une!!

Commentaire sans titre

20:55, dimanche 17 février 2008 .. Publié par maman noelle
bravo pour ces bellls photos et les articles qui les accompagnent
continuez à nous raconter
nous avons aidé bambou à souffler sa 1 ère bougie
comment trouvez vous la casamance

Commentaire sans titre

23:08, jeudi 28 février 2008 .. Publié par ptit gwen
hello!
comme ca fait du bien de vous avoir retrouve!
de voir que vous prenez votre temps
bn, je vous ai envoye un long message via le livre d or (l aurez vous??), alors je vais pas recommencer ici!
on vous embrasse fort

mat stf tom

Bravo pour les couleurs du Sine Saloum

21:37, vendredi 29 février 2008 .. Publié par BERNARD ET GENEVIEVE
C'est cela voyager prendre le temps d'apprecier les gens que l'on rencontre. Merci de nous en faire profiter bien que cela éveille en nous un peu de plaisir refoulé.

Bravo à+ de vous lire Bernard

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